Coup de projecteur sur celui qui vient d'être nommé PM a.i par arrêté suite à l'intronisation du CPT.
Hier, mercredi 24 avril 2024, l'annonce de l'installation du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), constitué de sept (7) membres et de deux (2) observateurs, a été faite. Ce jeudi 25 avril 2024, comme annoncé depuis la veille, cette installation eu lieu à "Villa d'Accueil", espace de Museau fraichement renové. Or, préalablement dans la journée, la préstation de serments des sept (7) conseillers présidentiels s'est déroulée de très tôt au Palais National, sous des pertubations bruyantes de cartouches des hommes à sapates.
Tout de suite après la nouvelle de l'installation du CPT, à la suprise de plus d'un, il a été rendu public un décret daté du 24 avril 2024 nommant le citoyen Michel Patrick BOIVERT comme Premier Ministre par intérim. Cette décision est cependant intervenue dans un contexte où des membres du gouvernement démissionaire faisaient leurs valises. Néanmoins, on ne sait pas pour l'heure si BOIVERT aura toute sa lattitude d'agir à la primature comme bon lui semble, vu qu'il parait avoir bénéficié d'une espèce de courtoisie en attendant la formation d'un nouveau gouvernement par le nouveau PM qui sera désigné par le CPT.
En fait, qui est le personnage Michel Patrick BOIVERT? En prélude à sa nomination, le nouveau Premier Ministre par intérim, Michel Patrick BOIVERT, était ministre de l'Économie et des Finances du 5 mars 2020 à ce jour au sein du gouvernement jadis dirigé par Ariel Henry. Il faut rappeller que ce dernier a officiellement démissionné, tel qu'il l'a d'ailleurs annoncé dans une lettre datée du 24 avril 2024, adressée au Conseil des Ministres de Los Angeles (USA) étant.
Revenant alors au personnage central de l'exposé qu'est Michel Patrick BOIVERT, il faut souligner que ce dernier a développé une longue et distinguée carrière au sein du Ministère de l'Économie et des Finances (MEF). Il a donc travaillé audit Ministère pendant de nombreuses années. D'abord, il a été à la Préfecture de Petit-Goâve, sa commune natale, comme Directeur Départemental de l'Ouest, de 1995 à 2010. Par contre, il aura été nommé ensuite au poste de Directeur de l'Inspection des Impôts, poste qu'il a assumé de 2010 à 2018. Aussi faut-il préciser, que le concerné a fait son exercice dans un contexte politique de tumultes grandissantes et répétées ; ce, avant d'atteindre à l'arrivée la Direction Générale de l'institution régalienne financière du pays, dont il a tenu les rênes de 2018 à 2020.
Avant de démarrer sa carrière au Ministère de l'Economie et des Finances (MEF), Michel Patrick BOIVERT a été à la Direction des Etudes Économiques de la Banque de la République d'Haïti (BRH) entre 1991 et 1995. En ce qui a trait à sa formation, notez que ce cadre de la l'administration publique est titulaire d'une Licence en Sciences Comptables, décrochée à l'Université de Port-au-Prince, et d'un Diplôme en Économie obtenu à la Faculté de Droit et des Sciences Economiques de l'Université d'Etat d'Haïti à Port-au-Prince (FDSE/UEH). Il est également détenteur d'un Master en Gestion des Politiques Économiques de l'Université d'Auvergne (France) au Centre d'Études et de Recherches sur le Développement International (CERDI).
Pour ouvrir une parenthèse, il faut évoquer que, l'idée serait de faire rester BOIVERT jusqu'à ce que le CPT élise un nouveau Premier Ministre. Logiquement, celui-ci sera chargé de monter un nouveau gouvernement, qui aura à conduire le pays, on le souhaite bien, vers la tenue d'élections en vue de la prise de charge par un nouveau Président élu de la République le 7 février 2026.
Ce jeudi 07 avril 2024, l'installation du CPT, que la réprésentante actuelle du BINUH en Haïti a notamment salué et honoré par sa présence, constitue un pas important vers le retablissement des institutions démocratiques dans un contexte de traversée d'une crise multidimentionnelle par Haïti, l'affectant tant au niveau politique, institutionnel et sécuritaire. Pour l'instant, il n'en demeure pas moins de dire que ce dont le peuple haïtien souffre le plus, est ce dernier volet de la crise. Car, toujours est-il, malgré le sacerdoce des forces de sécurité, dont l'Armée et la Police, on n'arrive pas encore à réduire significativement les niveaux de violence portés par les gangs armés en Haïti à l'approche du déploiement de la mission multinationale d'appui à la sécurité, qui est déjà autorisée par l'ONU, mais qui peine encore à voir le jour.
Me Yves ISAAC, Av.

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